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Zalem

Aux avant-post

Historiquement, Angers a toujours eu une histoire avec le punk-rock ou la pop couillue, beaucoup plus qu’avec le rock progressif ou le post-rock noisy, en l’occurrence largement plus représentés chez nos voisins nantais. On commence pourtant à voir quelques groupes pointer le bout de la guitare avec des compositions plus alambiquées, plus longues et plus intériorisées. Comme Zalem qui se paye en plus le culot d’ arriver avec un premier album très ambitieux.

L’album de Zalem ici

Tout d’abord, c’est votre premier disque, votre musique n’est pas forcément accessible, et vous commencez tout de suite avec un double album et un digipack plutôt luxueux. Quelqu’un vous a-t-il prévenus qu’on était en pleine crise du disque ??

Nous sommes un peu de la vieille école... Disons que pour développer le concept de l’album, il nous fallait un support physique : les chansons sont longues et variées d’où l’idée de le séparer en deux disques avec deux ambiances un peu différentes. Le titre de l’album, « Stigma », fait référence à deux vieux graphèmes grecs qui ont fusionné en une seule ligature, l’album s’articule de cette même manière : deux éléments qui n’en forment plus qu’un... Côté signification, le stigma est souvent synonyme de marque indélébile, de blessure qui reste, de serpent qui se mange la queue, en tout cas on s’est servi de cette signification pour l’intitulé de l’album et le message délivré dans la musique. L’album digital sera également disponible en téléchargement sur zalem.bandcamp.com en même temps que la sortie CD, en attendant, on l’espère, une édition vinyle future...

Le disque est très arrangé, l’artwork chiadé. On vous imagine pointilleux. Ça doit donc faire un bout de temps que vous bossez sur ce disque ? Comment se sent-on à la veille de sa sortie : angoissé ? soulagé ? frustré ? impatient ?

Effectivement nos morceaux sont très complexes, ils ont été élaborés puis peaufinés, ça nous a pris beaucoup de temps, que ce soit la composition mais aussi le travail en studio (au passage, bravo et merci à Nico Houssin pour son travail et sa patience). Nous apportons chacun des idées différentes et les assemblons ensemble, on compose tous ensemble et jamais séparément, ce qui prend plus de temps. On est bien sûr soulagés et impatients de le faire découvrir, nous espérons que notre travail va porter ses fruits, que les retombées seront bonnes, en France comme ailleurs, et souhaitons représenter au mieux l’album sur scène.

A l’évidence vous avez écouté pas mal de groupes de post-rock (genre Mogwaï & co), mais j’ai aussi l’impression qu’il y a de grosses influences de groupes progressifs des 70s (Pink Floyd, Soft Machine...) ainsi que des groupes heavy metal des 80s/90s (Metallica...) pour certaines parties guitares ?

Nous avons tous des influences musicales différentes, quelques-unes sont communes évidemment comme le bon rock, le grunge et le metal des 90s puisqu’il s’agit de notre génération et qu’il nous a fallu un point de départ sur quoi se positionner ensemble. Depuis le début de la formation, notre style a évolué et nous avons changé de fonctionnement. Effectivement, les bases du post rock, le rock prog des 70s et le metal sont les différents ingrédients de notre musique. Pour reprendre les propos d’un auditeur sur notre Facebook, on cherche à lier du mieux qu’on peut harmonie, puissance et technique dans nos titres...

Il y a un invité surprenant sur le disque : Denis Péan (le chanteur de Lo’Jo) récite deux poèmes sur deux titres. S’est-il retrouvé là par hasard puisque le disque a été enregistré à la Fontaine du Mont (chez les Lo’Jo), ou bien était-ce une volonté au départ ?

A la manière d’un vieux roman (comme le reflète également le visuel du disque), nous avons souhaité inclure une voix, celle d’un narrateur qui présente une histoire en deux actes,nous savions que les textes de Denis colleraient bien à notre musique, de plus Denis connaît bien notre univers. En une prise studio, l’ensemble voix et musiques se sont trouvé en symbiose. Nous sommes très satisfaits de ce qu’il apporte sur ces deux titres...

Il y a quelques mois, un autre groupe angevin a sorti un disque qui partage quelques influences communes avec vous, il s’agit de Black Dead Fish. Angers a davantage connu des groupes de punk rock que de post rock. Comment vous situez-vous dans l’histoire musicale de la ville ? Des groupes que vous avez écoutés plus que d’autres ?

En effet Angers n’est pas l’endroit en France où le post-rock est le plus en vogue actuellement, bien que nous y avons fait pas mal de concerts, quelques-uns avec Black Dead Fish d’ailleurs (à noter aussi la présence de Loïc de BDF au violoncelle sur l’album). Zalem se souvient toutefois de l’excellent groupe Ocre ou encore dans un autre genre de Hint. Pour notre part, le cheminement musical s’est fait tout seul, nous n’avons pas cherché à savoir si notre musique s’acclimatait ou non à l’esprit de la ville, tout comme nous n’avons pas cherché non plus à nous en démarquer. Peut-être que les Angevins vont s’ouvrir vers d’autres horizons musicaux avec cet album, comme avec celui de Black Dead Fish, en tous les cas nous le souhaitons...

Il va maintenant falloir défendre ce disque sur scène. Votre style de musique s’accommode assez mal des petits lieux type café-concerts car le public a besoin de s’immerger pleinement dans les compositions pour apprécier. Vous avez une structure qui s’occupe de vous pour le tour/management ?

Nous nous sommes produits dans différents lieux et paradoxalement les cafés-concerts étaient les plus chaleureux au niveau du public. Les grandes scènes permettent en revanche d’agrémenter notre musique de projections vidéos réalisées à partir de vieux films. Pour l’instant nous recherchons des partenaires afin d’assurer des dates intéressantes, mais aussi, au niveau technique, un ingé son et lumières.


Propos recueillis par Kalcha


Dernière modification : lundi 19 septembre 2011

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