Un café concert aujourd’hui… Quelle idée folle ?
Oui, il a fallu beaucoup d’utopie et de folie. Mais aussi de la ténacité, du courage, de la patience et de la passion. Nous avions déjà une petite expérience de l’organisation de concerts une fois par mois au Louisiana à St Macaire. Nous aimions ce format, c’est donc tout naturellement que l’idée est venue. Même si personne ne nous a encouragés dans ce sens. Après un contrôle policier, une amende, une fermeture administrative, un contrôle Urssaf, un procès, un avocat, un acquittement, un contrôle pour le bruit, un contrôle de sécurité, de multiples travaux et investissements pour respecter des normes, un contrôle fiscal, un avocat, et le bouquet final un redressement fiscal et sa conséquence un redressement judiciaire, je comprends mieux pourquoi. Pourtant, on continue de s’accrocher à cette idée qui nous paraît primordiale : créer un lieu un peu laboratoire et tremplin vers des scènes plus grosses, qui possède une proximité entre l’artiste et son public, mais aussi donner la possibilité au public de découvrir ces groupe peu ou pas connus. Espérons que la commission nouvellement créée à l’initiative de Cultures Bars Bars et du Pôle au niveau national parvienne à trouver des solutions pour faciliter l’existence de lieu comme le nôtre. Sinon, à très court terme, ils sont tous appelés à disparaître. Les jeunes artistes en témoigneront, sans lieu comme le nôtre, aucune chance pour eux de devenir professionnel et de conquérir un public, à moins d’avoir la chance de rentrer dans un format de plus en plus étroit et de séduire majors et radios.
Malgré les embûches, le Bar’Ouf fête ses cinq ans. Quel bilan dresses-tu de ces années ?
Difficile de résumer ces cinq ans en quelques lignes, mais j’en tirerais quand même un bilan positif. D’abord je pense que nous avons rempli l’objectif que nous nous étions fixé, soit créer un lieu convivial qui comblait un manque sur le territoire de Cholet et des Mauges, en diffusant des artistes émergeants du secteur des musiques amplifiées. Et enfin je dirais que se sont les bénévoles, les techniciens, le public qui ont permis à ce lieu d’exister et de se développer, et que sans cette énergie, nous serions peu de chose. L’essentiel est de tenir son cap et de respecter les objectifs que nous nous sommes fixés, défendre l’émergence, la découverte, la curiosité quel qu’en soit le prix.
On a pourtant l’impression qu’il y a comme une timide amélioration au niveau des caf’ conc’. Rien que sur Angers, il y en a deux qui ont rouverts en peu de temps (T’es Rock Coco et Jam Club). Est-ce que c’est effectivement le cas ou juste un hasard des circonstances ?
Franchement je n’encourage personne à ouvrir ce type de lieu à moins de se blinder au niveau administratif et en respectant toutes les normes de sécurité. La moindre faille sera fatale. Je dirais que ce concept plaît, qu’il est donc logique qu’il se développe. Maintenant il faudra analyser les choses à long terme. Je dirais donc qu’il n’y a aucune amélioration et j’attends vraiment de voir si on va créer ou non un statut spécial à ce type de lieu. Dans le cas contraire, il y aura toujours une faille pour les faire fermer.
Et le festival Les Z’éclectiques fête, lui, ses dix ans ? Des surprises à prévoir ?
Pour les dix ans des Z’éclectiques, pas de réel évènement pour l’instant. Nous attendons que les Z’éclectiques Fall Winter se déroulent avant d’y réfléchir. Nous sommes malheureusement tenus au résultat financier, même si l’association récupère petit à petit de son déficit de 90000 euros de l’édition de 2006. Etant donné l’affiche BAshung / Alpha Blondy / Hocus Pocus / Nouvel R et Pete Philly, nous espérons beaucoup de cette édition d’hiver pour en finir avec ce boulet que nous traînons depuis déjà 2 ans.
Tes projets pour l’avenir ?
Survivre au redressement judiciaire du Bar’ouf et obtenir un réel soutien pour l’association la Bouche à l’Oreille (programmatrice du lieu) de la part des institutions pour pérenniser cette action importante à mes yeux. Parvenir d’ici trois ans à mettre en place les 4 saisons du festival Les Z’éclectiques, qui sera alors précurseur dans ce domaine, avec comme point d’orgue le retour à un festival d’été en plein air et ressemblant à ce que nous avions pu produire en 2006. Cela me permettra une possibilité d’expression en tant que programmateur comme je n’en ai jamais eue, et dieu sait s’il y a des choses à montrer au public. Parvenir pour les 10 ans du festival de la 7ème Vague à instaurer deux scènes et donc plus de diversité et de possibilités pour le public. Parvenir au sein de la commission festival du Pôle à mutualiser les festivals entre eux afin de créer des emplois mutualisés, d’optimiser la logistique de chacun et de mieux nous faire comprendre des institutions. Enfin je dirais avoir une année 2009 sans aucun problème financier, ni contrôle de toute sorte et pouvoir vivre tous ces évènements avec plaisir et sans un stress qui pourrait me voir un jour abandonner la partie. Mais je ne rêve pas trop…