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The Forks

Un sacre coup de fourchette

Ils fêtent demain soir au Chabada la sortie de leur premier album avec un apéro-concert gratuit. Et comme The Forks sont précédés par l’excellence de leurs prestations live, la soirée risque d’être mémorable ! Avant de vous prendre des strates de guitare et des pilonnages de batterie sur la tronche, nous laissons la parole à Enguerran, moitié du duo.

Ecoutez The Forks - http://theforks.bandcamp.com

Tu peux revenir brièvement sur la formation du groupe ?

Flo et moi nous sommes rencontrés sur Laval où nous avons joué quelques mois dans une même formation. Quand ce groupe s’est séparé, nous avons poursuivi ensemble sur le projet de The Forks. C’était en Juillet 2007. On a répété pendant 18 mois avant de commencer à sortir le nez dehors. En 2009, j’ai dû bouger sur Angers pour mes études. Et Flo a demandé une mutation à son boulot pour pouvoir me suivre ici. Depuis nous avons enregistré deux démos et joué une soixantaine de concerts. Notre premier album sort début Mars.

Où l’avez-vous enregistré ?

A Laval au studio CoreProd avec Amaury Sauvé qui avait déjà fait un super boulot pour le groupe Birds in Row de Laval aussi. En fait on a voulu enregistrer tout le disque en une seule prise. On a donc enregistré cinq prises de 40mn dans la journée, où nous devions nous dépêcher de nous accorder entre les morceaux pour ne pas faire trop de blancs. C’était les conditions exact du live sans le public en fait ! (rires) Au final, on a gardé les 3 premiers morceaux de l’avant-dernière prise et les 7 autres de la toute dernière. C’était très dur, nerveusement, car nous n’avions droit à aucune erreur. Enfin, si, mais pas à certains endroits qui nous tenait à cœur. Après, le disque a ses imperfections que nous revendiquons. C’est son côté humain. On est pas fans des trucs trop produits, tout lisses, sans aspérités et sans défauts. Tout finit par se ressembler. Pour le moment, nous pensons notre musique en live. Elle doit donc être éphémère, dans l’instant. Comme une pièce de théâtre qui est différente à chaque représentation.

Ce premier album a été masterisé à Chicago par Bob Weston (le bassiste de Shellac). Qu’a-t-il apporté au disque ?

Et bien ce qu’on attendait de lui : un son qui nous ressemble. On ne se retrouve pas du tout dans le son d’aujourd’hui où tout est compressé et tout est fort pour donner l’illusion d’une puissance ou je ne sais quoi. En concert, on procède déjà comme ça. Même si le groupe d’avant nous joue super fort, on préfère casser l’escalade en reprenant à un volume plus bas, mais qui nous permette alors de varier les ambiances, de vraiment pousser le volume quand on en a besoin et de créer une atmosphère plus intime à d’autres moments. Quand on a découvert les disques de Shellac on a halluciné sur le son de batterie. Il y a une chaleur, une proximité, une authenticité dans le son qui nous a immédiatement séduits. On a commencé à écouté d’autres disques produits par Weston, et ce qu’on entendait nous plaisait beaucoup. Du coup, on l’a contacté et comme il a bien aimé les morceaux, on lui a confié le mastering du disque… Il a vraiment donné au disque le son qui nous correspond.

Comparé à beaucoup d’autres groupes dans un genre assez similaire au vôtre, je trouve que vous vous avez plutôt bien évité le piège du trop compliqué. Les mélodies ne sautent pas à l’oreille, mais au bout de deux ou trois écoutes on trouve plein de riffs ou de gimmicks accrocheurs…

Ca nous fait plaisir d’entendre ça car nous avons énormément travaillé ce côté-là de notre musique. Dans le local de répètes, on a plusieurs fois essayé des choses très virtuoses pour le simple plaisir d’essayer de nous dépasser techniquement. Puis, une fois le plan réussi, on se rendait compte que c’était un peu inutile, que ça n’apportait finalement pas grand chose au morceau. On l’écartait donc des titres de l’album. On cherche de plus en plus à simplifier notre propos, à aller à l’essentiel. Bien sûr, on ne fait pas de la pop, nos mélodies sont peut-être moins évidentes, mais on essaie vraiment d’en mettre le plus possible. Parfois c’est même Flo à la batterie qui se charge d’étoffer une mélodie. Il a atteint un niveau qui lui permet de ne plus faire que de la pure rythmique. C’est génial d’essayer des choses comme ça…

J’ai l’impression que vous avez perpétuellement besoin de vous mettre en danger : vous jouez fréquemment au milieu du public, vous enregistrez vos disques en une prise, vous répétez dans le noir…

C’est vrai qu’on a besoin de sentir qu’on avance, qu’on crée de nouvelles choses. Si on a déjà fait quelque chose, ça nous intéresse déjà moins. Sur le disque par exemple, on a vraiment essayé que chaque titre ait sa propre couleur tout en gardant néanmoins un fil rouge sur la totalité de l’album. Pour le prochain, on procédera de manière différente. On essayera sans doute de faire quelque chose de plus poussé en terme d’arrangements, que chaque titre soit poussé au maximum en studio, quitte à ensuite les jouer très différemment sur scène. C’est d’ailleurs pour ça qu’on adore jouer au milieu du public. Cette proximité t’oblige à composer avec eux à chaque fois et du coup chaque concert est vraiment très différent suivant l’énergie quasi-palpable que nous renvoient les gens qui sont à moins d’un mètre de nous.


Propos recueillis par Kalcha


Dernière modification : mardi 10 mai 2011

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