
Le monde de la radio est sur le point de connaître une petite révolution technologique ?
Oui, sur le même principe que les chaînes de télévision qui passent du réseau hertzien au réseau numérique terrestre, les ondes aujourd’hui émises via la bande FM vont désormais êtres codées numériquement. Les auditeurs pourront donc écouter la radio avec la qualité du son numérique sur un appareillage adapté. Ca permettra également de faire défiler un certain nombre d’informations sur un petit écran, comme par exemple le nom de l’artiste et le titre de la chanson, ou toutes autres informations que les radios décideront d’inclure.
Quand doit avoir lieu le passage de la FM à le Radio Numérique Terrestre (RNT) ?
De la même manière qu’elle devait le faire pour la bande FM, chaque radio émettant sur Angers devra déposer un dossier de candidature auprès du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) pour le 1er Octobre si elle veut pouvoir émettre ensuite en numérique courant 2009. Passée cette date, les radios qui ne se sont pas décidées à franchir le pas devront se contenter de la bande FM, qui risque fort de disparaître au bout de quelques années, au fur et à mesure que les gens s’équiperont de nouveau matériel. Ce passage va se faire progressivement, sur plusieurs années. A terme la bande FM sera de toutes facons réattribuée à d’autres opérateurs que les radios. Angers fait néanmoins partie de la première zone géographique à effectuer la transition. Ce n’est pas forcément une place facile dans le sens où on ne sait pas vraiment où on va.
Est-ce que ça veut dire qu’il n’y aura pas de place pour toutes les radios qui émettent en ce moment sur la FM ?
Pour Angers, il y aura quatre canaux, et chaque canal peut recevoir entre huit et neuf radios. Chaque canal aura en outre ses particularités : certains n’émettront qu’à Angers, d’autres dans toute la région, etc. Ca veut donc dire qu’il y aura de la place pour une grosse trentaine de radios. Toutes les radios de la région d’Angers devraient par conséquent trouver leur place. Sous condition d’acceptation du CSA, bien sûr. Et c’est là que tout se complique. Parce qu’une des conditions d’acceptation est d’avoir un dossier financier suffisamment conséquent pour supporter ce passage à la RNT.
Qu’est-ce que ce passage au numérique change concrètement pour les radios ?
Jusqu’à présent, c’était assez simple et peu onéreux d’émettre sur la bande FM. La plupart des radios sont propriétaires de leur émetteur. Il suffisait ensuite d’avoir une antenne qui reçoit le signal de l’émetteur et qui puisse le diffuser en modulation de fréquence. Pour le numérique, ça ne sera plus possible. Pour expliquer simplement, toute la partie technique et matérielle va être désormais confiée à l’un des trois prestataires de service qui se partageront le marché, et à qui les radios devront ensuite payer une sorte de loyer pour avoir une place sur un canal.

En clair, vous possédiez un matériel pour la bande FM que vous aviez le temps d’amortir au fil des années, alors que vous allez devoir dorénavant payer une somme chaque année pour pouvoir diffuser en numérique ?
Exactement. Il y aura bien sûr plusieurs niveaux de prestation, suivant la qualité de bande voulue, la zone géographique couverte, l’assistance dépannage, etc. Mais le service le plus basique chez le moins cher des prestataires coûtera déjà probablement aux alentours de quinze mille euros par an. C’est donc un surcoût énorme pour toutes les radios associatives non commerciales. Sans compter qu’il faudra ensuite alimenter les émissions avec les données numériques dont on parlait tout à l’heure, comme les titres de morceaux, etc. C’est une surcharge de travail que les employés de la radio ne pourront probablement pas assumer en plus de leurs tâches respectives. Il faudra peut-être embaucher, ne serait-ce qu’un temps partiel, donc du salaire à fournir en plus… A Radio G !, on a fait le choix d’embaucher notre personnel en CDI, et non en emploi aidé, pour pérenniser des emplois. Tout ça coûte énormément d’argent. En l’état actuel des choses, nous ne pourrons pas assumer le coût de la diffusion numérique en plus des charges salariales.
Des aides de l’état sont-elles prévues pour vous aider à passer au numérique ?
C’est un des problèmes. Personne n’est en mesure de nous répondre aujourd’hui sur cette question. Les radios non commerciales comme Radio G ! (qui ont donc pris le parti de ne pas diffuser de publicités) vivent aujourd’hui essentiellement de subventions. La plus importante provient du Fond de Soutien à l’Expression Radiophonique (FSER) qui est lui-même alimenté par des taxes prélevées sur les recettes publicitaires des radios commerciales. On n’a pour l’instant aucune information comme quoi il allait être augmenté pour le passage au numérique. C’est vraiment le flou total. Et il ne faut pas oublier non plus que le changement ne va pas se faire du jour au lendemain. Tout le monde ne va pas se mettre à écouter la radio numérique dès 2009. Peu d’auditeurs seront correctement équipés. Le passage va se faire progressivement. Il va donc falloir émettre sur la FM et aussi en numérique pendant plusieurs années.
Concrètement, qui peut vous aider et comment ?
On va avoir besoin de toutes les bonnes volontés. On va bien sûr solliciter les partenaires institutionnels au niveau local, départemental et régional, voire même national, pour qu’ils nous viennent en aide via des subventions. Mais on fait aussi appel à tous nos autres partenaires associatifs. Radio G ! travaille sur le terrain associatif depuis 27 ans. On forme par exemple des centaines de jeunes par an à l’outil radiophonique dans les quartiers ou les écoles au travers d’ateliers radio. On retransmet des dizaines de manifestations culturelles sur nos ondes. On espère que ces partenaires vont accepter de nous aider financièrement à passer le cap, sinon la radio risque de devoir arrêter ses activités. On attend aussi beaucoup de nos adhérents et de nos auditeurs. Il nous faut un maximum de lettre de soutien pour appuyer notre demande de soutien auprès des pouvoirs publics, pour leur montrer que le problème touche un maximum d’angevins. Au cas contraire, l’avenir de la radio sera sérieusement compromis. Ca fait 27 ans qu’on donne la parole aux Angevins, aux associations, aux acteurs de la vie culturelle, aux groupes de musique, etc. Personne n’a envie que ça s’arrête. On va donc avoir besoin de tout le monde.
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