Johnny n’est pas le seul Frenchy à traverser les Etats-Unis sur la route 66 avec une armada de caméras à ses trousses. Bon, les caméras, les gars des Films du Réel les portaient eux-mêmes, et ils s’en sont surtout servis pour filmer tous les artistes qu’ils ont rencontrés lors d’un périple qui les a vus traverser les Etats-Unis de Los Angeles à New York. Ca a donné le documentaire « One Trip Some Noise », dont nous parlent Valentin, Paulo et Romain.

Comment est né ce projet de road-movie musical ?
Valentin : A la base, c’est un rêve, celui de traverser les Etats-Unis d’Amérique, nous avons tous des images plein la tête de ce pays via le cinéma, et des sons plein les oreilles de par la richesse de l’histoire musicale américaine. Avec Paulo, il y a deux ans, on s’est dit : « Il faut y aller ! A nous Le Texas, la Nouvelle Orléans, Memphis, New York… ». Très vite, Romain nous a rejoints dans le projet, nous avons les mêmes passions, les mêmes délires, on s’embarquait alors dans un « simple » voyage, un peu comme des vacances entre potes. Et puis est venue l’idée d’en faire un film suite à l’interview de Scott H.Biram au Chabada. Etant tous les trois actifs au sein des Films du Réel à Angers, nous étions alors d’autant plus enthousiastes à l’idée de lier l’utile à l’agréable. Nous allions d’une part réaliser un rêve, mais en plus nous épanouir artistiquement et professionnellement. C’était l’occasion idéale de réaliser notre premier documentaire.
Comment avez-vous dressé l’itinéraire ? Et choisi les artistes que vous alliez rencontrer ?
Valentin : D’abord, il y avait les villes chargées d’Histoire qu’il n’était pas question de rater : San Francisco, Nouvelle Orléans, Memphis, Chicago, New York… Elles constituent le cœur de l’histoire et de la culture américaine, on se régalait à l’idée de fouler leur sol, on savait qu’on allait en prendre plein les yeux ! Ensuite, nous sommes passés par les villes dans lesquelles résident les artistes avec qui nous avions rendez-vous. Depuis le début de l’existence des « Live-report » (vidéos réalisées par l’équipe des Films du Réel qui suivent les artistes sur une journée de concert), nous avons rencontré bon nombre d’artistes américains éclectiques musicalement parlant… Le courant était vraiment bien passé avec certains d’entre eux : Scott H. Biram, Black Diamond Heavies, Napoleon de IsWhat ?!, Sage Francis, Dub Trio… Nous leur avons donc soumis le projet et proposé une rencontre chez eux, et pour notre plus grand plaisir, ils ont accepté. Ainsi, nous avons établi un itinéraire et un planning qui allaient nous guider tout au long de notre périple.
Votre premier choc en arrivant ?
Valentin : Tu descends de l’avion, tu débarques au cœur de la « Cité des Anges », tu prends direct une claque ! Et le soir tu te dis que ce n’est que le début d’un pu… de voyage dans un pu… de pays. Le lendemain tu finis dans un after à Hollywood chez une drag-queen toxicomane… C’est parti !
Les souvenirs les plus marquants ?
Valentin : Barbecue au fin fond du Texas, fête à la Nouvelle Orléans, club de blues à Chicago… Y’en a trop !
Romain : Les retrouvailles avec Scott à Austin et Napoléon à Cincinnati, une messe à La Nouvelle Orléans, le Club de Chicago et une soirée punk à Cleveland. Et évidement Las Vegas pour son inutilité, Los Angeles pour sa taille disproportionnée, et enfin l’impossibilité d’acheter une bonne bouteille pour l’apéro du dimanche... Parce que le dimanche, c’est le jour du seigneur !!!
Paul : Les rencontres, les gens... J’ai abandonné beaucoup de préjugés en faisant ce voyage. Et le concert de Soulsavers avec Mark Lanegan (musicien de Screaming Trees, Queens Of The Stone Age…).
Avec le recul, qu’elle est la différence majeure entre la façon de faire de la musique aux US et la façon de la faire en France ?
Paul : « One Trip Some Noise » apporte quelques pistes pour répondre à cette question. Les différences sont nombreuses, que ce soit dans la manière d’enregistrer, de se promouvoir, ou de tourner. Par exemple, on constate qu’il n’y a pas d’accompagnement vers la professionnalisation pour les groupes, tel qu’on le connaît en France. Il n’y a pas non plus de système d’intermittence du spectacle, bien sûr. Pas de salles ni de locaux de répétition subventionnés. Mais cette précarité et ces difficultés à faire vivre leur musique « endurcit » les musiciens et renforce leur côté « système D ». L’esprit « Do it yourself » ça ne viendrait pas des USA par hasard ??
Propos recueillis par Kalcha
