Le métier de chroniqueur musical réserve parfois de belles surprises. Au milieu des dizaines de démos « rock à la… », « reggae façon… » ou « chanson comme… », on tombe parfois sur un joli disque qui ne ressemble à rien de déjà entendu dix mille fois. On n’aurait en effet jamais cru trouver par ici un groupe qui mélangerait le bebop avec le séga (musique traditionnelle des archipels de l’océan indien). C’est pourtant le propos de « Kas Paké » du groupe Makalapo. Ne vous arrêtez pas à la pochette qui vous paraîtra sans doute un peu naïve si vous êtes habitués aux canons nerveux de l’esthétique rock/electro/rap/punk&co. La musique de Makalapo n’a pas besoin d’un enrobage rutilant pour avoir un goût très sûr. Ces six titres –pour la plupart purement instrumentaux- remuent lascivement des hanches au rythme des percussions ou du saxo. Ca groove même jusqu’aux confins de la transe sur « Kas Paké » ou « Gato Coco ». On pense parfois aux travaux de Henri Guédon ou René Lacaille qui ont eux aussi célébré le mariage du jazz et de leurs racines créoles, ou bien encore à quelques vieux disques du catalogue 70’s du label Saravah. On se surprend surtout à souvent remettre ce disque sur la platine. Les programmateurs des festivals d’été auraient le nez fin de jeter une oreille sur ce groupe en tout cas…