On parle parfois des nourritures de l’esprit pour la grande littérature, tout ça… Génération malbouffe oblige, le deuxième tome des aventures des poètes punk de La Brume Ro(Z)e est, lui, malicieusement proposé dans une boîte à pizza ( !!!). Et, effectivement, vous citerez peut-être plus facilement la prosodie fleurie de ces trois gaillards lors d’une collation revigorante post-grosse teuf que pour briller dans les dîners de la Haute. Antoine (ex-Zetlaskars), Puk (ex-Zetlaskars, ex-Tartarin D’Ta Race) et Garcia (ex-Tartarin D’Ta Race) ont donc réalisé leur phantasme : faire comme si Tom Waits, Boris Vian, Charles Bukowski et Les Svinkels pouvaient se retrouver autour d’un vieux bourbon et d’une bonne tranche d’humour vachard. La Brume Ro(Z)e, ce n’est pourtant pas du slam, ce n’est pas du rap, ce n’est pas de la chanson non plus, on ne sait pas trop ce que c’est d’ailleurs. On sait juste que ce second essai est encore meilleur que le premier (meilleure production, meilleure diction…) et que cette irrévérencieuse initiative remporte toute notre sympathie. Le trio pousse même la classe internationale jusqu’à reprendre le standard « Saint James Infirmary », popularisé en son temps par le grand Cab Calloway. Et ils sont loin d’être ridicules dans l’exercice (pourtant casse-gueule). On ne serait même pas surpris d’entendre ce titre sur de grandes ondes pour tout vous dire. A suivre…