La Zikabilo

Carrière en fanfare !

Il est loin le temps où l’on ne pouvait imaginer une fanfare sans un cortège de majorettes. Aujourd’hui, ces orchestres ambulants font sonner tambours et trompettes dans les plus grands festivals du Monde. C’est le cas aussi pour La Zikabilo, fanfare née dans l’ombre du groupe Rutabaga, qui connaît un formidable parcours international. Fabien Guilloteau, fondateur de La Zikabilo et chanteur de Rutabaga, répond à nos questions.

http://www.lazikabilo.com

La Zikabilo a démarré comme un projet annexe de Rutabaga et on a l’impression aujourd’hui que la petite sœur est plus active que son aînée ? C’est juste une impression ?

Effectivement, depuis un an et demi, La Zikabilo tourne énormément dans la rue mais également pas mal sur scène, suite à la sortie du dernier album « Fuego », sorti en mai 2009. Comme il est difficile pour nous de tourner conjointement avec les deux formations, nous avons donc fait le choix de laisser en stand-by Rutabaga, et de nous consacrer à La Zikabilo en privilégiant l’actualité discographique de cette formation. Rutabaga reviendra sous les feux de l’actualité avec son prochain album prévu en 2011. La composition des deux groupes est presque constituée des mêmes artistes sauf que le projet artistique est différent. Dans le prochain album de Rutabaga, la voie d’Alexandra sera mise en avant. En fait, il n’y a pas de soucis à se faire, les deux formules ont leur propre parcours avec, l’une comme l’autre, un bel avenir devant elles, nous l’espérons.

Vous avez récemment accueilli Barbaro Teuntor Garcia à la trompette dans le groupe. Comment l’avez-vous rencontré ? Du coup, vous avez pas mal changé le répertoire du groupe (du slave au latino). C’était voulu ou c’est l’arrivée de Barbaro qui a tout précipité ?

On a rencontré Barbaro Teuntor Garcia au Festival des Tombées de la Nuit à Rennes. On a fait la fête en jouant de la musique, et le lendemain on l’a invité à jouer avec nous sur le festival. Et depuis, on ne s’est pas quittés !!! Bien sûr que le répertoire a changé avec son arrivée mais cela s’est fait de façon naturelle et on a trouvé un bon équilibre entre les styles. Il faut bien dire que c’est encore notre habitude, ce mélange d’ingrédients qui constituent notre musique.

Vous connaissez une belle carrière internationale. Vous avez notamment été invités deux années de suite au prestigieux Festival de Jazz de Montréal ? Comment est-ce arrivé ?

La musique de La Zikabilo plaît pour ce métissage des genres mais je crois qu’il y a plus de facteurs qui font que l’on joue maintenant à l’international dans des gros festivals. L’arrivée de Barbaro, le style particulier et la pêche du groupe, plus un énorme travail de notre manager Eric Marchais qui développe le groupe de plus en plus à l’international. De même, on a une superbe équipe qui nous suit pour nos projets car pour tourner notamment à l’international, cela demande une excellente organisation.

Une ou deux anecdotes de concerts à l’étranger qui vous ont marqués ?

Eh bien, il y en a beaucoup... Par exemple quand nous étions au Festival international de Jazz de Montréal, c’était assez impressionnant et drôle de se retrouver au bar VIP et d’échanger avec de grands musiciens de jazz (ceux d’Aretha Franklin) et d’être avec eux sur le même festival. Une autre au très impressionnant Sziget Festival en Hongrie. On avait jamais vu autant de monde avec un tel état d’esprit et avec une mentalité incroyable. Une organisation monumentale. Tous les jours, un bateau venait nous chercher sur notre péniche-hôtel qui se trouvait sur le Danube en plein Budapest. C’était extraordinaire...

Les fanfares ont le vent en poupe en ce moment (Dirty Dozen Brass Band, Hot 8 Brass Band, Youngblood Brass Band, Hypnotic Brass Ensemble...). Pourquoi un tel engouement d’après-vous ?

Je crois qu’il y a un effet de mode, plus aussi le fait de pouvoir jouer en acoustique dans la rue et d’avoir la possibilité de pouvoir faire des scènes. Avec les fanfares, le public en général et les festivaliers en particulier adorent ce rapport festif et communicatif avec les artistes. Cela intéresse vraiment les organisateurs et les programmateurs. Il y a peut-être aussi des données économiques liées au marché actuel permettant une meilleure diffusion des fanfares. Mais pour nous, cela n’empêche pas que ce n’est pas si simple de se produire dans la rue et de se réadapter ensuite à la scène.

Quels sont les projets à venir ? De nouveaux pays à conquérir ?

Nous avons une très belle année 2010 en perspective avec le projet de renforcer encore plus le côté scène. Notre date au Chabada le 11 Mai y contribuera très certainement. La Zikabilo pense déjà à son futur album avec de nouvelles idées... A l’international, le Mexique et de façon plus générale l’Amérique Latine devraient nous permettre de faire d’autres belles rencontres en 2011.


Propos recueillis par Kalcha


Dernière modification : mercredi 7 avril 2010