High Command

Toupet de cire, toupet de son

Monter un label dans le contexte de l’industrie musicale actuelle, ça peut déjà paraître bizarre. Mais quand en plus ledit label veut se spécialiser dans la sortie de vinyles, on se demande à quoi tournent les personnes derrière tout ça ? Au rock’n’roll, tout simplement. Jim, Laurent et Mathieu, les trois têtes pensantes du label High Comand –par ailleurs co-animateurs de l’émission « Ca Dégouline dans le Cornet » sur Radio G !- nous en disent un peu plus sur leur audacieux pari.

http://www.myspace.com/highcommandrec

Comment en êtes-vous arrivés à l’idée de créer High Command et à travailler avec Ichabod Crane ?

Jim : On aime tout simplement la musique, et le support vinyle est le plus bel écrin qui soit, pour le son mais aussi grâce aux superbes artworks. Il y a une réelle écoute quand on pose un disque sur une platine.

Laurent :: J’aimais déjà beaucoup le 1er disque d’Ichabod, quand nous avons reçu leur nouvel album pour l’émission, Mathieu a proposé de le sortir en vinyle. J’ai d’abord cru à une blague mais il était sérieux !!! On en a reparlé un peu, puis envoyé un mail au groupe pour savoir si ça les branchaient de sortir leur album en vinyle. La réponse a été rapide :"COOL, c’est quoi votre label ?" et la nôtre : "Euh, bein... faut le créer..." et c’était parti. Tout à été très vite, peut être un peu dans la précipitation, mais bon, tout s’est bien passé. Ce label existe aussi parce que Mathieu, Jim et moi souhaitions créer une asso qui nous ressemble. Le pari est osé, ça occupe pas mal de temps mais on a pas peur !

Sur quels critères (esthétique particulière ? scène locale ?) basez-vous vos choix de sortie ?

Jim : Du rock essentiellement mais au sens large du thème. On a chacun des goûts différents et on se retrouve sur certains groupes et du coup c’est ceux là qu’on privilégiera, si toutefois ça les branche aussi de bosser avec nous !

Laurent :: Nos choix se feront également sur des critères relationnels. Je n’imagine pas trop éditer le disque d’un groupe avec qui je ne m’entends pas. Le local, c’est bien, ailleurs c’est cool aussi, pas de restriction !

Comment allez-vous travailler la distribution ? Dépôt-vente ? Vente en ligne ? Distrib nationale ?

Jim : Le plus gros de la distribution se fait en concert, c’est aussi pour cela qu’on cherche des dates pour Ichabod Crane, et puis ils sont tellement bons sur scène que c’est toujours un plaisir de les voir. Et sinon on essaie de faire le tour des bons disquaires indépendants en France, heureusement qu’il en reste encore quelques uns

Laurent :: La distribution est effectivement un gros point. Pour le moment, nous avons fait avec nos bras et voitures... La liste des magasins est sur notre page Myspace. Les disques sont tous en dépôt, pas de distribution nationale. On y viendra peut être mais il me semble que pour un label associatif ce n’est pas gagné. La vente en ligne est à mon avis très importantes, pour le moment ce n’est pas le cas mais nous pouvons l’envoyer sans problème sur simple demande (12€ + FDP). Vous le trouverez sur Angers à CD/BD.

Mathieu : On essaie de monter une petite distro également...

Quels sont les projets à venir ?

Jim : Continuer à travailler avec Ichabod Crane sur des recherches de dates, et puis bien sur on aimerait réitérer l’expérience avec un autre groupe toujours en vinyle et peut être sur des formats différents (45T, 12’’,..), et améliorer le travail sur les artworks. Plusieurs envies et noms de groupes circulent mais pour l’instant il n’y a rien de concret.

Laurent :: On parle notamment d’un split 10’ avec des groupes dans un tout autre registre musical que celui d’Ichabod Crane. J’aimerais une prochaine sortie pour l’automne, l’avenir nous/vous le dira...

Mathieu : Ouais, un 10 pouces serait vraiment chouette, le plus lourd possible en grammage et avec un écrin au top !

On a l’impression que le CD a complètement perdu de son attrait. Aujourd’hui, on écoute de la musique en MP3 ou alors en vinyle quand on veut un bel objet ?

Jim : Pour moi le CD n’est pas mort, mais c’est vrai que je vais plus souvent acheter des vinyles. Tous les bons groupes n’en sortent pas non plus, et on arrive à trouver de belles pièce en CD même parfois pour pas très cher. Les MP3 j’adhère pas, je préfère l’objet et soutenir un groupe plutôt que d’empiler des titres sur un lecteur.

Laurent :: Je pense que l’essentiel est que la musique soit diffusée, peu importe le support. Le MP3 est un support très pratique et pour beaucoup très économique. Quand on achète un disque la démarche est complètement différente, en acquérant un disque on possède la musique mais également un livret avec quelquefois les textes, les noms des musiciens, l’année de sortie, le label ou tout un tas d’autres infos mais aussi l’artwork ! Aujourd’hui l’achat d’un disque est également un vrai soutien aux groupes. Le vinyle, à mon avis, concerne plutôt un public de passionnés.

Mathieu : De toute façon la cassette est de retour et va reprendre sa place de numéro un incessamment sous peu.

Y a-t-il un (des) disque(s) qui vous a chamboulé dans sa version vinyle alors que le CD ne vous avait pas plus interpellé que ça ? Et pourquoi (son ? artwork ?) ?

Jim : Il y en a plein, tout les Black Sabbath récemment réédités ont de très beaux artwork, les disques de Pelican ou d’Isis aussi sont vraiment bien foutus. Et sinon ce qu’ont fait les gens de Force Béton avec le dernier album de Mansfield Tya, c’est tout simplement superbe, ou encore le dernier Doppler.

Laurent :: La première fois ou je me suis rendu compte de la différence de son entre CD et vinyle c’est en écoutant « 1000 Hurts » de Shellac, le grain, la chaleur, pas facile à définir... Les disques de Godspeed You ! Black Emperor m’ont particulièrement plu en vinyle, musique magnifique sur un objet qui ne l’est pas moins.

Mathieu : Certaines musiques prennent un relief fou en vinyle, je cours toujours après la version vinyle d’un disque de Earth qui me retourne déjà en CD.


Propos recueillis par Kalcha


Dernière modification : mercredi 7 avril 2010