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FTW : What The F… ?!

Date de publication : 9 novembre 2009

Ils ont eu récemment carte blanche pour clôturer la soirée d’ouverture de la saison 2009/2010 du Chabada. Le label FTW représente en effet la nouvelle garde de la scène electro angevine. Bien de son époque, le collectif est difficile à étiqueter, jouant sur tous les tableaux à la fois : blog, netlabel, organisateurs de soirées… Petit rappel des faits avec Kanthos, tête pensante de FTW.

Crédit Photo : Florian Champion

Vu de l’extérieur, il n’est pas très simple de savoir ce qu’est FTW ? Un label ? un magazine ? un collectif ? Comment vous auto-définissez-vous ?

En fait FTW c’est un peu tout ça à la fois ! Aujourd’hui FTW c’est clairement un blog et un label. Il est vrai qu’au tout début il y a deux ans on parlait de collectif à l’époque de nos premières soirées à Angers, maintenant on parle juste de FTW comme d’une entité, d’une marque presque. Il y a le blog, magazine, d’un côté, et le label de l’autre, le premier aidant aussi à faire connaître le second. Et il y a aussi les soirées autour de tout ça.

Quand, comment et pourquoi FTW a-t-il vu le jour ?

Tout a débuté il y a deux ans, durant l’été 2007, par la mise en ligne du blog FTW (cf. lien en bas d’article). L’idée était simple, présenter de manière brève ce que j’aime, que ce soit en musique, sneakers, graphisme, fringues… et inviter quelques potes à écrire aussi dessus, de manière à avoir quelque chose de « collectif ». Dans le même temps il y avait aussi l’envie de proposer quelque chose de plus à Angers en terme de soirées. La scène electro ici était principalement minimale techno, avec nos amis de Timid Records, les Modern d’Arno Gonzalez, mais pas de soirées avec un son plus club comme on pouvait trouver dans d’autres grandes villes. Après pas facile de débuter quand tu sors de nulle part, on a donc commencé par reprendre le concept des ipod battles au Memphis Belle qui se terminaient ainsi par du mix. Puis les soirées Pitch Up au The End (feu le Jungle). Après tout s’est enchainé, le blog était de plus en plus lu et surtout reconnu, des contacts se sont faits à droite et à gauche, moi et Marc aka Young P 3018 on a commencé à aller jouer à droite et à gauche… Et voilà. Au final, aujourd’hui, rien de tout ça n’était vraiment prévu d’avance.

Peux-tu nous donner une idée de la philosophie du label ? Quelques mots sur le catalogue ? Comment recrutez-vous vos artistes ?

La volonté c’est la découverte et l’éclectisme, avec quand même une préférence pour des productions orientées club, dansantes, mais pas que ! C’est au coup de cœur surtout, mais FTW a une vraie volonté de proposer à chaque sortie des choses différentes, et cela de manière régulière, une fois par mois en gros. La démarche se rapproche un peu de celle de Kitsuné. Pour les artistes, et bien tout a débuté avec des amis qui faisaient du son : le trio I’M Fresh ! You’Re Pretty !, que je manage aussi aujourd’hui, Young P 3018, et des rencontres angevines avec Dany Gold et Jaffinson qui venaient à nos soirées. Le premier EP a d’ailleurs été en mai dernier celui de Jaffinson, un artiste à suivre de très très près ! Le second en juillet, Loony Wise Men, est justement le fruit d’une rencontre grâce au blog. Thomas, moitié avec Hedi du duo, travaillait à la promo du label fondé par Vitalic, Citizen Rec. On s’est rencontré, on a discuté, il m’a envoyé leurs démos. Gros coup de cœur et voilà c’était signé. D’ailleurs un titre est sur le cd sampler du magazine Trax d’octobre. Tout est le fruit de rencontres. Mais l’idée, ce qui me tient à cœur, c’est vraiment la découverte de nouveaux talents et l’accompagnement. Après le label est dans sa première année, on verra comment cela évolue…

Pour l’instant vous restez sur des sorties digitales. Pour des questions financières ? Ou idéologiques ?

Comme je le disais tout à l’heure, rien de tout ça n’était vraiment prévu. Le digital permet de « tâter » le marché, observer comment nos sorties sont reçues. Et puis le digital se démocratise très bien. Beaucoup de dj puristes du vinyl jouent maintenant avec des mp3, via serato par exemple. Alors sortir une jolie galette juste pour se faire plaisir et les collectionneurs, cela a un coût. Le physique j’y pense, mais plus dans le cadre de la sortie d’une compilation du label. Un projet à venir mais pas tout de suite, FTW est encore jeune.

Vos sorties digitales sont-elles offertes gratuitement au téléchargement ou vendez-vous les mp3 ? A ce sujet, comment se positionne FTW sur la gratuité ou non de la musique ?

Le label a signé avec un distributeur, Believe Digital, ce qui permet aux sorties de pouvoir être en vente sur la majorité des plateformes telles que Beatport, iTunes, Fnac, Juno… Avant le passage cette année en véritable label digital, FTW avait l’an passé sorti une compilation digitale gratuite, « For The Win ». La gratuité de la musique, oui et non. Pour la promo des sorties on offre en général un ou deux titres gratuits, c’est surtout nécessaire pour faire parler de l’artiste, de la sortie, du label. Quand on est un artiste et qu’on débute, rien de mieux que de diffuser de manière régulières ses productions, ses remixes, gratuitement. Par contre, pour réellement être crédible, aux yeux par exemple des programmateurs, signer sur un label et sortir un maxi avec des titres en vente est nécessaire. C’était aussi la démarche pour nous.

Quelle est votre actualité à venir ?

Beaucoup de choses ! Pour le label des sorties sont programmées jusqu’en février, mars 2010. Ce mois-ci sort l’EP du lyonnais Baxter Beez, « Voice Of The Ghetto EP », et le mois prochain le premier EP du trio pop rock électro angevin I’M Fresh ! You’Re Pretty ! avec un clip début novembre et juste avant une date aux Transmusicales le 4 décembre et la Tournée des Trans. Suivront en décembre là aussi le premier EP du jeune nantais Catkin (18 ans !), en janvier celui de Joseph 9000 et on réfléchit déjà au second de Jaffinson. Sinon, et bien une soirée au Lieu Unique de Nantes le samedi 28 novembre avec justement Jaffinson en live et le FTW Crew, moi et Joseph 9000, en dj set, avant un second rendez-vous attendu au Chabada le 12 décembre pour notre party Gymtonic avec un live énorme d’un trio belge, The Subs, et un dj set du producteur et dj de TTC Orgasmic. Et là, info toute fraiche, on bosse sur une Gymtonic à Nantes le 29 janvier…

Le fait d’avoir choisi Fuck That World comme nom laisse penser que vous vous positionnez en rupture avec ce qui se faisait avant. Sorties digitales fréquentes contre sorties physiques clairsemées ? Blog ultra-réactif contre presse papier ? FTW est tout à fait dans son époque. Mais ne sommes-nous pas en train de fabriquer une génération zapping qui ne saura plus s’inscrire dans le temps et la durée ?

En rupture pas tant que ça, à la base il y a le blog et comme je le disais, l’idée était de présenter ce qui nous plaisait, sans pour autant devoir obéir à des dictats ou autres, tu sais, cette volonté de toujours vouloir catégoriser, ranger dans des cases. Mais pour la petite histoire, ce nom et son logo existait bien avant ce projet de blog et de label, je l’avais inventé un an auparavant pour une ligne graphique qui n’a jamais vu le jour ! Il se trouve ensuite que là ça correspondait parfaitement à un état d’esprit du moment : n’en faire qu’à sa tête, dans les choix des choses présentées sur le blog, du mélange des genres (fringues steetwear, musique électro…)… Après, pour exister, vivre et grandir, il est nécessaire d’être dans son époque ! Quant à la génération zapping, elle n’est pas fabriquée, elle existe déjà, Internet a contribué à cela et c’est justement cette génération zapping qui créera les vrais artistes de demain : ceux qui réussiront à s’inscrire dans la durée. Idem pour la presse et les blogs, webzines sur Internet.

http://www.fuckthatworld.com
Propos recueillis par Kalcha