
Son précédent album alternait plages rappées et instrumentales. On vous disait alors qu’on trouvait Debmaster plus pertinent accompagné de ses invités vocalistes que seul derrière ses machines. Ce second opus nous fait totalement changer d’avis. Seuls deux titres font encore appel à des MC’s américains (The Mole, Existereo, Innaspace et Phever, plutôt du lourd donc), et pourtant « Marvelous Dump » s’écoute d’une traite. Ou presque. C’est sûr que ça aide si vous êtes déjà habitués aux élucubrations électroniques d’un Mr Oizo ou de dDamage pour ne citer que des compatriotes. Mais des boucheries soniques comme « Let’s Go John », « Beat Delight », « Pimp Time », « T’Inquiète » ou « Bedmaster » devraient attirer sur le dancefloor aussi bien les fans de techno que les mordus de hip hop indépendant. L’ex-Picard a en effet sérieusement progressé dans la composition, trouvant souvent l’équilibre fragile entre épure et complexité. Ses morceaux empruntent à des tas de choses (synth-pop, dubstep, breakbeat…) sans vraiment jamais remettre à sa place. Il ne faudrait plus grand chose pour qu’on le range aux côtés des meilleures têtes chercheuses transgenres du moment (Flying Lotus, Holy Fuck, eDIT…). Une très belle surprise !